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(NORD-PAS-DE-CALAIS) Actions contre les Commerces Spécistes : Compte rendu de la séance de report du procès, détention provisoire pour les un-e-s et contrôle judiciaire pour les autres.


______ 09/02/19 ______

Lille aux Antispés : "Vu à Lille hier, un procès contre 4 personnes soupçonnées d'être des activistes antispécistes ayant participé à des actions visant des commerces spécistes, avec dégradations et (tentative d') incendie.

Certains et certaines militantes d'entre nous y ont assisté. Une vingtaine d'autres s'y trouvaient pour apporter un soutien, malgré les comparutions immédiates prononcées ce vendredi.

Le procès a été reporté, mais le débat a débuté. Voici un récit de ce qu'on a vu et entendu pendant l'audience, même si les prévenu·es ont assez peu parlé pendant cette première séance. Un parti pris sera un peu visible (oups comme tout le monde). C'est un peu long.

L'ambiance est assez lourde, plusieurs parties civiles se sont présentées également. Comme d'habitude s'y trouvent des personnes qui ne sont là que pour passer devant les caméras.

Elles militent très bien avec des pancartes de vitrines brisées, et viennent souvent porter la voix de ces matériaux sur le devant de la scène, parce que le débat de fond ne les intéresse pas. Aucune importance.

Les 4 personnes interpellées, Alix, Sacha, Eden et Lou arrivent dans la salle, après 48h de garde à vue sur lesquelles nous reviendrons (devinez pourquoi). On apprend de suite que le procès sera reporté. Ce sont, selon les personnes, plusieurs faits reprochés, un seul, ou une simple complicité.

Le juge, voulant faire preuve d'une certaine bienveillance, demande à ce que l'une d'elle explique succinctement ce qu'est être "V-GANT", pour que personnellement il comprenne bien : "Profitez-en, c'est une tribune".

Alix rappelle les bases, et recentre le problème : "Le spécisme, au même titre que le racisme, c'est considérer que certains individus peuvent être considérés comme inférieurs parce qu'ils sont différents". On rajoute qu'effectivement le débat ne porte pas sur des conditions de vie et de mort, mais sur une justice basée sur l'éthique. Et on remercie tous et toutes les militantes qui gardent le cap.

Comme d'habitude, le juge fait le tour des prévenu·es pour énoncer les reproches, puis demander leur métier, leur salaire et si des pathologies leur sont connues, afin d'établir des profils.

Ce profilage, qui relève souvent du classisme parce qu'avoir un travail et être bien payé·e est la considération ultime que l'espèce humaine s'accorde à elle-même, et qui par ailleurs est aussi destiné à tenter de dépolitiser le problème en s'axant sur la personnalité des prévenu·es, est ici un échec évoqué par le juge en regardant toute l'assemblée : "Vous n'avez pas le profil. C'est une réalité". Oui, ce débat concerne tout le monde. Tout âge, tout genre, toute classe.

Le juge feint de laisser à Sacha le choix de parler ou non de ses problèmes de santé, pour finalement en donner les détails sans son consentement. La réponse à la question suivante se trouve probablement dans le dossier, mais elle est posée :

- "Vous soignez-vous ?"
- "Non"
- "Pourquoi ?"
- "Parce que ces médicaments sont testés sur les animaux"

Nous saluons son courage à le faire, et à le dire pendant son procès, malgré les quelques sourires hautains déclenchés dans la salle. Oui, on peut arrêter de tester sur les animaux.

Vient le tour de l'avocat de la partie civile.

- "Le nombre restreint de personnes interpellées ne limite pas la gravité des faits. Cela détruit certaines vies personnelles, professionnelles, les dégâts sont estimés à plus de cent milles euros, certains ne se relèveront pas."

Alors de ce côté, merci pour les mensonges, certains commerces se vantent même dans la presse qu'on leur ait fait de la pub et que les ventes n'avaient pas baissé. Et pour les dégâts, on sait que vous ne les avez pas pris en charge pour le moment.

- "Nous subissons ça sans avoir rien mérité (ndlr: cpafaux, cpavré non plus, disons que mériter une punition est un large débat) et nous sommes pris pour cibles pour des faits de plus en plus graves. Il n'y a eu interruption de ces actes que par le jeu des interpellations, et aujourd'hui ce sont des actions quotidiennes. J'adresse mes félicitations au travail policier (bigup les potes). Je rapelle que ce n'est pas le premier procès de ce genre, et du fait de la légèreté de la réponse (ndlr: le report du procès), les faits se sont poursuivis. Ce dossier n'est pas anodin, il n'est pas rare que les prévenus légitiment leurs actes et utilisent ces procès comme une tribune. Leur combat est quelque chose qui se respecte, si tant est que cela ne vient pas empiéter sur la vie des gens. Chaque décision porte un symbole, il y a un risque de récidive si on les libère. Il faut la reconnaissance de la gravité par une décision symbolique (ndlr: la fin du spécisme pour reconnaitre à quel point l'espèce humaine est grave tu dis ? Ha non il demande 10 ans de prison pour deux des militant·es). Sous contrôle judiciaire, ce serait un aveux de faiblesse de la justice."

Ouf, il a fini. Bon il défend son bout de gras, comme on dit par chez les carnistes.

Le mieux vient. C'est le procureur de la république qui s'en charge. Les propos ne sont pas tout à fait exacts, mais c'était presque à dormir debout.

"Je souligne la gravité des faits, 14 faits pour 2 personnes, avec différents moyens de dégradations, même si les 2 autres personnes sont en deça.

D'habitude, le choix du ministère public pour ce type de comparution (immédiate) est un choix pour des faits graves mais simples, ou réservé aux personnes sans garantie de représentation. Aujourd'hui c'est différent mais le ministère a choisi la comparution immédiate car les faits sont objectivement et extraordinairement graves (ndlr: ha lui il va parler des animaux !) : incendie. L'incendie est historiquement considéré comme l'un des crimes les plus atroces. On agit par haine et par vengeance. Je tiens à rappeler l'incendie récent de Paris."

Mais t'as vraiment fait la comparaison entre un incendie qui visait volontairement à tuer, et qui a atteint son but pour 10 personnes, et des murs noircis par les flammes sans aucune volonté de toucher un bout de corps ou une vie ?

Il continue :

"En 1676 (prononcez "seixe cent soixante seize", et ne cherchez pas à comprendre pourquoi cette date) un incendie a détruit une ville entière. Il n'y aucun contrôle sur les conséquences. Je tiens d'ailleurs à rappeler ce qu'est historiquement un sapeur pompier. Un sapeur pompier, ça cassait les maisons à côté pour que l'incendie ne se propage pas (nldr: merci pour le cours d'histoire, sont vraiment forts ces sapeurs). C'est grave, c'est UN CRIME. La France est un pays libre, on ne peut pas utiliser la violence, l'incendie comme moyens pour faire avancer ses idées. Il cite un article pour préciser la nature selon lui de ces actes, qui visent à troubler l'ordre public pour intimider. Les troubles sont importants pour ceux qui habitent à coté."

Pour demander les détentions provisoires, d'Alix et de Lou, et non un contrôle judiciaire, il cite une audition d'Alix qui aurait dit qu'il fallait relativiser quand on lui demandait si ce type d'acte n'était pas de l'éco-terrorisme. Il demandera la sortie sous contrôle judiciaire pour Eden et Sacha.

Les avocates représentant ces deux dernières personnes prennent la parole pour acquiescer cette demande de CJ.

Maitre Muriel Ruef, représentant Lou et Alix, dont la détention provisoire était demandée, prend la parole :

"J'entends le mot crime, j'entends "atroce". On juge les faits, vraiment ? De plus, vous n'avez pas à retenir les critères de gravité pour la détention, qui n'est pas prévue pour ça.

Vous ne comprenez pas les véganes ? Ces gens n'ont pas le profil ? Il y a un casier judicaire ? Non. On ne peut pas prédire l'avenir mais vous avez tous les documents pour les garanties de représentation, toutes les mesures à disposition pour les contrôles judiciaire. La liberté est la règle, la détention est l'exception."

Le juge terminera par demander si les prévenu·es ont quelque-chose à ajouter.

Alix ajoutera qu'il a entamé une grève de la faim avec des revendications liées à ses conditions de perquisition, de détention et aux comportements des enquêteurs pour obtenir des éléments de leur part. Oui Alix, on sait ce que ces "représentants de la loi" sont capables de faire. Affaire à suivre donc, d'autant que Lou pourrait également l'entamer.

Nous rappelons que l'un des rares droits pour les gardes à vue est de garder le silence. Usez-le.

Si vous n'avez rien fait, vous pouvez être solidaire des autres et vous sortirez de toute façon (sauf cas évidemment où les preuves sont inventées, oui oui).

Si vous avez fait quelque chose, vous ne devez rien à la police. Vous sortirez si pas ou peu d'éléments, et parler ne fera que vous porter préjudice. Ou vous devrez expliquer au tribunal après avoir préparé votre défense. C'est le lieu pour assumer ou non, ou encore garder le silence et laisser votre avocat·e faire.

3 heures plus tard le verdict tombe. Les deux contrôles judiciaires demandés (couvre-feu, interdiction de rentrer en contact avec les 3 autres, et obligation de résider dans des régions lointaines chez des personnes qui ont eu le temps d'être volontaires pour l'hébergement) sont décidés pour Sacha et Eden, ainsi que les deux détentions provisoires pour Alix et Lou jusqu'au procès mi-mars.

Lou demande à dire un mot et tente de dire quelque chose au micro.

Le juge est ferme : "NON". Elle est forcée par un policier de le suivre.

Eden clame à haute voix vouloir partir en détention provisoire par solidarité, refusant le contrôle judiciaire mais sortie également de la salle par un autre policier.

Le juge est méprisant : "C'est pas un self-service ici, c'est fini les caprices."

Bien qu'aucun jugement n'ait été rendu aujourd'hui (malgré les peines de prison appelées détention provisoire), nous soutenons les militantes et militants qui ont le courage de mettre en péril leur propre liberté pour s'insurger à la hauteur de ce qu'on fait subir aux autres animaux.

Nous avons choisi de partager ce texte avec une vidéo qui ne parle pas des faits, mais de leur cause. C'est difficile de départager les criminels."

Source : https://www.facebook.com/lilleauxantispes/posts/338802276730303

______ 08/02/19 ______

20 Minutes : "Quatre personnes comparaissaient ce vendredi pour des dégradations de commerces attribuées a des activistes antispécistes.

Tous ont demandé un report de l’audience pour préparer leur défense.

Le procès aura lieu le 19 mars.

Deux prévenus ont été placés en détention provisoire.

Procès renvoyé, mais le ton est donné. Ce vendredi, quatre militants antispécistes devaient être jugés en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Lille. Ces trois femmes et un homme sont accusés, à des degrés différents, d’avoir participé au vandalisme de boucheries, restaurants et d'autres commerces entre décembre 2018 et janvier 2019 au nom de la cause animale. Des faits que le représentant du ministère public n’a pas hésité à qualifier de terroristes. La demande de renvoi du jugement n’a pas empêché l’audience d’être mouvementée.

Des profils atypiques

Ils sont âgés entre 24 et 40 ans et, de l’aveu du président du tribunal et du procureur, ils n’ont pas le profil habituel des prévenus de comparutions immédiates. Mathilde B. est assistante en puériculture, Cyril B. est médiateur social, Johanna G. est assistante marketing et Eva C. a fait des études de sociologie. Mercredi, ils étaient encore tous inconnus des services de police. Aujourd’hui, ils encourent jusqu’à dix ans de prison.


Mathilde B. et Cyril B. sont poursuivis pour 14 faits de « dégradation du bien d’autrui », dont plusieurs par incendie. « Des faits extraordinairement graves », pour le ministère public qui insiste sur l’absence « de contrôle sur le feu et les conséquences que cela peut avoir ». Dans ses réquisitions pour demander le maintien en détention de Mathilde B. et Cyril B., le procureur déclare : « Les victimes ont subi un harcèlement presque quotidien. Leur entourage et les personnes de la profession sont inquiets. » Dans la foulée, il cite  l'article 421-1 du code pénal : « Une infraction constitue un acte de terrorisme, lorsqu’elle est intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur. »

Le ministère public évoque le terrorisme

Le mot « terrorisme » n’est pas lâché, mais il fait bondir l’avocate des deux prévenus : « La gravité des faits ne peut être retenue pour décider ou non du maintien en détention », tempête maître Marie Rueff. « On parle d’un mobile qu’on ne comprend pas et que nous allons expliquer longuement lors de l’audience de renvoi », poursuit-elle.

Le président lui-même demande à Cyril B. d’expliquer ses motivations. « Le spécisme, c’est considérer que des individus sont inférieurs par rapport à d’autres », résume-t-il. « Une idéologie qui se respecte si elle respecte les autres. Mes clients n’ont rien fait pour mériter cela », insiste Damien Legrand, l’avocat du syndicat régional des bouchers, partie civile.

Le procès a été renvoyé au 19 mars 2019. Les arguments du procureur et de la partie civile ont convaincu le président, celui-ci ayant placé Mathilde B. et Cyril B. et détention provisoire. Les deux autres ont été libérés sous contrôle judiciaire."

Source : https://www.20minutes.fr/justice/2447123-20190208-lille-deux-activistes-antispecistes-incarceres-attendant-proces

______ 07/02/19 ______

La Voix Du Nord : "Mercredi, à 6 heures, la brigade des affaires générales (BAG) de la Sûreté urbaine de Lille a mené une vaste opération dans plusieurs domiciles de la métropole lilloise, dans le Pas-de-Calais, ainsi qu’à Niort (Deux-Sèvres) (...) Cinq personnes de 24 à 40 ans y ont été interpellées (une sixième s’est présentée au commissariat ce jeudi), dans le cadre d’une enquête menée depuis la fin décembre sur des dégradations de boucheries et restaurants.

Au total, quinze faits ont été recensés, dont l’incendie d’un restaurant La Boucherie à Marcq-en-Barœul. On note aussi une boucherie taguée à Norrent-Fontes dans le Pas-de-Calais, une à Hazebrouck, plusieurs établissements encore dégradés à Lille en janvier et un à Dunkerque. La dernière action a visé un restaurant à Villeneuve-d’Ascq, début février, avec une tentative d’incendie. Le préjudice total est estimé à 140 000 euros.

Une comparution immédiate vendredi.

Événement de soutien (Vendredi 08/02/19) : https://www.facebook.com/events/147817032793370/ 

Ces actes de plus en plus violents – quasiment une action chaque week-end – ont poussé la Sûreté de Lille à avancer vite sur cette enquête. Les policiers ont notamment visionné de longues heures d’images de vidéosurveillance des différents établissements, afin d’identifier les suspects.

En garde à vue, tous se sont dits très engagés idéologiquement pour la cause végane, contre la consommation de viande et l’exploitation des animaux pour l’alimentation humaine, s’opposant également au système capitaliste coupable, selon eux, de favoriser l’exploitation animale.

Au final, trois suspects ont reconnu les faits. Ils doivent être présentés à un magistrat vendredi matin en vue d’une comparution immédiate, pour dégradations volontaires aggravées.

Ces personnes ne sont pas les mêmes que celles qui avaient été interpellées l’été dernier et jugées dans le cadre d’une précédente série de dégradations contre des boucheries, notamment à Lille.

Les bouchers-charcutiers satisfaits.

En septembre, les bouchers lillois annonçaient faire appel à des vigiles pour sécuriser leurs établissements. Ce jeudi après-midi, dans un communiqué, la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT) s’est félicitée de « l’avancée des enquêtes (…) qui ont permis l’interpellation de plusieurs individus ».

Jean-François Guihard, président de la CFBCT, indique : « C’est un soulagement pour les artisans pris depuis des mois pour cible par des extrémistes de plus en plus violents. Maintenant, laissons la justice faire son travail. »"

Source : http://lavdn.lavoixdunord.fr/534023/article/2019-02-07/cinq-militants-specistes-interpelles-dans-le-cadre-des-attaques-de-boucheries

20 Minutes : "Le parquet de Lille a confirmé à 20 Minutes les cinq interpellations de militants antispécistes, mercredi, suivies de gardes à vue.

Il a toutefois été précisé que seuls deux individus avaient vu leur garde à vue prolongée, tandis que les autres ont été remis en liberté. Il n’a pas été précisé s’il s’agissait d’hommes ou de femmes ni pour quels faits précis les suspects avaient été interpellés."

Source : https://www.20minutes.fr/lille/2445943-20190207-lille-cinq-militants-antispecistes-interpelles-enquete-commerces-vandalises

Cagnotte du CSAA - Comité de Soutien aux Activistes Antispécistes pour les soutenir : https://www.cotizup.com/antispeciste

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