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(LILLE) Verdict et compte rendu du Procès de Lou, Alix, Eden et Sacha pour les dégradations et incendies autour de Lille.


___ 08/04/19 ___

Verdict du procès :

- Alix : 10 mois de prison ferme et 9 mois de prison avec sursis avec 3 ans de mise à l'épreuve.
- Lou : 6 mois de prison ferme et 8 mois de prison avec sursis avec 3 ans de mise à l'épreuve.
- Eden : 6 mois de prison avec sursis.
- Sacha : 6 mois de prison avec sursis.

(C'est ce qu'avait demandé le procureur...)

Ilèles devront également verser plusieurs milliers d'euros de dommages et intérêts aux plaignant-e-s.

D'après le CSAA, le 9 mai 2019, ilèles sauront si leur peine de prison est aménageable, et si oui, sous quelles conditions.

Pour l'instant, il n'y a pas eu de mandat de dépôt, ce qui signifie que Lou et Alix ne sont pas encore emprisonné-e-s. 

Si jamais leur peine n'est pas aménagée, au vu de l'état dans lequel la détention provisoire (1 mois) les avait mis-e-s, il sera essentiel de les soutenir moralement en leur envoyant régulièrement du courrier... Ne laissons pas l’État tuer nos camarades !

Vous pouvez contacter le CSAA pour savoir comment faire : comite2soutien-antispe@protonmail.com

___ 19/03/19 ___

(Mieux vaut "fait" que "parfait", l'article sera mis en forme au fur et à mesure, et les fautes d'orthographe seront corrigées elles aussi, au fur et à mesure)

19 mars 2019, au Tribunal de Lille.

Un homme de la sécurité incendie déverrouille la porte de la salle d'audience.

Le greffier arrive en trombe et s'exclame fermement en regardant les personnes proches de la porte "Vous n'entrez pas !"

Le ton est donné... Nous nous apprêtons à observer la répression autoritaire de l'État français en action...

La salle est grande, mais les places assises pour le public restent insuffisantes. Certain-e-s antispécistes venu-e-s soutenir leurs camarades n'ont pas pu rentrer.

Au bout de la salle, de gauche à droite nous avons : le procureur, puis une des deux assesseuses de la juge, la juge, et la seconde assesseuse. Toutes les trois font face aux prévenu-e-s tandis que le procureur est dans le coin, tout à gauche.

Le procès démarre sur une présentation des 15 faits reprochés et leur qualification pénale.

Les principaux chefs d'inculpations sont :
- Dégradation en réunion avec dissimulation volontaire du visage.
- Dégradation par l'effet d'une substance explosive, d'un incendie ou de tout autre moyen de nature à créer un danger pour les personnes.

L'avocat d'Eden demande d'entrée de jeu la nullité de la convocation à comparaître en raison de l'absence de précisions des faits reprochés, ce qui l'aurait empêché, lui et sa cliente d'avoir pu préparer une défense adaptée.

Le procureur réplique sans attendre en relisant la convocation et rappelant que le nom de l'enseigne, la date, et la qualification juridique des faits étaient présents dans la convocation, ce qui selon lui, est suffisant.

Les avocat-e-s de Lou et Alix, se joignent à la demande de l'avocat d'Eden.

Le procès se poursuit.

La juge liste les tags qui font parties des faits reprochés : 6 x "Stop Spécisme", 1 x "Assassin", 1 x "Toujours pas compris Henri ?"

Elle poursuit avec une brève explication de l'Antispécisme, qui semble venir d'un texte écrit par Viriginia Markus.

Elle expose les principaux éléments à charge :
- Les graphologues de la police ont affirmé-e-s que la plupart des tags ont été écrits par la même personne.
- Le visionnage des caméras des rues ont permis de voir la voiture de Lou ou celle de sa mère, à proximité des faits, aux heures où ils se sont produits, à plusieurs reprises.
- L'investigation sur les téléphones portables montrent que ceux-ci ont bornés à proximité aux heures des faits, et qu'ils ont été éteints au même moment puis rallumés un peu plus tard.

Puis elle fait un bref résumé des perquisitions et auditions de chaque prévenu-e-s :

Alix : A déclaré en garde à vue s'être mis en colocation avec Sacha dans le but de faire des actions autour de Lille. A également reconnu les faits reprochés, et a cité à plusieurs reprises Eden, Lou, et Sacha dans ses déclarations.

Lou : Des gants, une cagoule et un brise glace volé à une société de transport en commun ont été trouvés dans sa voiture. Elle a souhaité garder le silence durant sa première audition, puis a reconnu les faits lors de sa seconde. Son procès verbal fait plusieurs fois mention de Sacha.

Sacha : A commencé par nier les faits lors de son audition, puis a reconnu certains faits lorsqu'elle a appris que les autres avaient avoué. ("Si ils / elles ont reconnu les faits, je vais parler...")

Eden : A souhaité garder le silence durant son audition. N'a pas respecté son contrôle judiciaire qui lui ordonnait de pointer régulièrement au commissariat.

Premiers faits (plusieurs dans la même nuit) 16/01/2019 :

- Canard Street (Tag "Toujours pas compris ?" + Vitrine cassée)
- Comtesse du Barry (Tag « foie gras = torture » + vitrine cassée)
- Max Mara (Tag "leur peaux pas la votre" + Vitrine cassée)
- Téléphones de Lou et Alix bornés à proximité aux heures des faits.
- Téléphones éteints à minuit puis rallumés vers 3h00
- Un témoin a vu des personnes portant des masques anonymous s'enfuir d'un des lieux
- Une caméra de surveillance a filmé 2 personnes sortant d'une Volkswagen Golf avec un bidon, puis une autre caméra a filmé un départ de feu sur le toit du Burger King.
- Lou et Alix ont reconnus les faits en garde à vue.

La juge demande à Lou si elle confirme ses déclarations et reconnait toujours les faits.

Lou lui répond oui pour tous, sauf pour la Boucherie "Veys" en expliquant que comme il y en a eu plusieurs cette nuit, elle n'est pas sûr d'avoir dégradé cette boucherie cette nuit là.

La juge lui demande dans quel but ont été commises les dégradations.

Lou répond : "Pour faire de la casse matérielle, sans porter atteinte à la vie de personnes. Dans le but de faire parler de la lutte antispéciste".

La juge lui demande si Alix était avec elle ce soir là.

Ce à quoi Lou répond : "Je ne parlerai qu'en mon nom."

La juge lui rappelle qu'elle a cité Sacha plusieurs fois pendant sa garde à vue.

Lou répond qu'elle n'a jamais mentionné Sacha durant son audition, et que ce passage présent dans son procès verbale est erroné.

La juge demande a Alix de venir à la barre.

"Reconnaissez-vous ces faits qui vous sont également reprochés ?"

Alix répond : "Oui, c'était mon idée."

La juge lit un extrait de son audition en garde à vue : "nous avons récupéré l'essence à une station essence, Lou à payé avec sa carte. Sur place nous avons cherché un moyen de monter sur le toit du Burger King, nous avons versé l'essence et mis le feu."

La juge lui demande si il a des choses à rajouter à ces déclarations.

Ce à quoi il répond : "Je sais que je n'ai pas la maîtrise du feu, mais j'essayais de mettre tout en oeuvre pour ne blesser personne"

Elle reprend la lecture de son audition : "On a croisé une boucherie, j'ai fait demi-tour pour trouver un projectile et je l'ai lancé sur la vitrine."

Elle ajoute que sur le pavé retrouvé sur place, la police scientifique a retrouvé son ADN.

Elle poursuit la lecture concernant un autre fait commis la même nuit : "Je suis sorti de la voiture, j'ai tagué la façade, puis j'ai allumé un pétard pour faire péter la vitrine."

La juge lui demande alors si le but était de mettre le feu à ce commerce.

Ce à quoi il répond : "Non, le pétard c'était uniquement pour faire casser la vitre, mais ça n'a pas fonctionné".

La juge rappelle alors que l'incendie et l'explosion font partie de la même qualification pénale.

Alix précise alors que tout ceci n'était pas prémédité, et qu'il avait fait ça sur un coup de tête.

La juge lui répond alors que, selon elle, le fait d'avoir été chercher de l'essence, d'avoir emmené un pétard et une bombe de peinture, signifiait au contraire que ces actes étaient prémédités.

Elle demande ensuite à Sacha de s'approcher de la barre.

La juge lui demande pourquoi Lou, la copine d'Alix et son colocataire à elle, était à son domicile ce soir là.

Elle répond : "On était ensemble pour faire du nourrissage de chats."

La juge demande ensuite : "Avez-vous entendu Alix et Lou préparer l'action ?"

Sacha : "Oui, j'étais là."

La juge poursuit en lisant un extrait de son audition de garde à vue : "On m'a demandé des bouteilles pour y mettre de l'essence. Il ne fallait pas prendre de téléphone pour ne pas être repéré-e-s. Je savais qu'ils / elles voulaient s'en prendre à des boucheries".

La juge : "Vous confirmez ces déclarations ?"

Sacha : "Oui."

La juge : "Vous étiez au courant de l'intention ?"

Sacha : "Je m'en doutais. Merci à eux de ne pas vouloir m'inclure dans leurs déclarations aujourd'hui, mais j'assume."

La juge : "Le 31 décembre, un autre fait de dégradation par incendie a été commis avec votre matériel. Est-ce que vous vous sentez concernée ?"

Sacha : "Non. Je reconnais l'autre, mais pas celui-ci."

L'avocate de Sacha lui demande de préciser dans quel but les fumigènes ont été donné à Alix.
Sacha répond que c'était des fumigènes pour des manifs Anti-corrida, et qu'elle ne s'en était jamais servi, du coup elle les avait donné à son colocataire, Alix.

La juge rappelle Alix à la barre : "Après le premier incendie sur le toit du Burger King, n'avez-vous pas pris conscience que cela pouvait blesser des personnes ? Que des personnes pouvaient être choquées par cet incendie ?"

Alix : "Les médias n'ont pas parlé de blessé-e-s, et je n'ai pas pensé que cela pouvait arriver."

La juge appelle Lou à la barre : "Dans votre audition durant votre garde à vue vous déclarez avoir mis le feu sur les climatiseurs, et effectivement on voit sur les photos que le feu est parti de là. Est-ce que vous pouvez nous dire pourquoi vous avez voulu mettre le feu à ce commerce ?"

Lou : "Je voulais faire parler de la lutte Antispéciste dans les médias."

Juge : "Il y a eu des articles dans la presse par la suite. Est-ce que votre objectif était atteint ? Étiez-vous satisfaite ? Cela vous incite-t-il à continuer ?"

Lou : "Ça m'incite à visibiliser la lutte antispéciste."

Pour les faits du 31 décembre 2018 : Tags + vitrine cassée à Norrenfonte.

La juge appelle Eden à la barre.

Elle rappelle que le téléphone d'Eden a borné à proximité et aux heures des faits, qu'un témoin a été alerté par le bruit d'une bombe de peinture secouée et a vu 3 personnes s'enfuir juste après les faits.

Eden : "Je n'ai pas participé à cette action, j'étais à une soirée à proximité à laquelle j'ai invité Lou et Alix".

La juge : "Les avez-vous vu disparaître de la soirée ? Les relevés téléphoniques montrent 7 échanges de sms entre 21h25 et 21h50."

Eden : "Non je ne les ai pas vu, il y avait une centaine de personnes à la soirée. Je ne me souviens plus de cet échange de sms."

La juge : "Vous vous revendiquez aussi de la mouvance antispéciste ?"

Eden : "Oui, je suis antispéciste."

La juge rappelle Lou à la barre : "Pourquoi Norrenfonte ?"

Lou : "J'étais invitée à une soirée là-bas."

La juge : "Vous y êtes allé seule ?"

Lou : "Oui."

La juge : "Comment ça vous ait venu d'aller dégrader ce commerce ?"

Lou : "Comme ça."

Le procureur prend la parole : "Quel lien avez-vous avec Norrenfonte ?"

Lou : "Aucun."

Le procureur : "On a du mal à croire que vous ayez choisi cette ville par hasard. Ce ne serait pas plutôt votre amie Eden qui vous aurait conseillé de le faire là-bas ?"

Lou : "Je n'ai rien à déclarer à ce sujet."

La juge lit un extrait de l'audition de garde à vue d'Alix : "Nous avons pris le véhicule de Lou, j'ai lancé le pavé, et je ne sais plus si c'est Lou ou Eden qui a fait le tag".

La juge rappelle Eden à la barre : "Vous avez dit être innocente mais lors du premier procès qui a été reporté vous avez demandé à aller en prison. Pourquoi ?"

Eden : "Je suis solidaire de toutes les actions qui ne portent pas atteinte à l'intégrité des personnes, mais je n'ai pas participé à cette action."

Pour les faits de dégradation (tag) sur le commerce Henri Boucher à Hazebrouck.

La juge rappelle Lou à la barre : "Reconnaissez-vous avoir tagué "Toujours pas compris Henri ?" sur le commerce Henri Boucher ?"

Lou : "Oui."

La juge : "Pourquoi ?"

Lou : "Le commerce d'individu-e-s est intolérable."

La juge rappelle Alix à la barre : "La police a retrouvé votre ADN sur la boucherie "Veys" et sur un autre fait. Votre téléphone et celui de Mme. Lou ont été éteint simultanément. Dans votre audition vous dites plusieurs fois "J'ai eu l'idée. On ne savait pas quoi faire donc j'ai proposé." Êtes-vous le meneur de ces actions ?"

Alix : "Je ne sais pas."

La juge : "Les graphologues de la police disent également que vous êtes l'auteur de la plupart des tags."

La juge : "Pourquoi refaire plusieurs fois le même commerce ?"

Lou puis Alix : "Pas de logique précise."

La juge : "Pourtant vous avez aussi laissé un tag "Toujours pas compris ?" sur le restaurant Canard Street.

Pour le premier incendie du restaurant "Le Fer à Cheval" :

La juge rappelle qu'une caméra de surveillance a filmé une voiture blanche, ressemblant à la voiture de Lou, circuler au moins 1 heure dans le quartier du restaurant avant les faits.

La juge : "Cela s’apparente à du repérage."

Elle lit un extrait de l'audition de garde à vue d'Alix : "J'étais en vélo, j'avais acheté des bidons, je suis allé les remplir d'essence à la station essence, j'ai payé en espèces, j'ai posé mon vélo, j'ai versé l'essence et j'ai mis le feu en utilisant un mouchoir."

La juge : "On voit le véhicule de Lou passer plusieurs fois dans la rue mais vous dites avoir été seul en vélo."

L'avocate du restaurant prend la parole : "Dans votre audition de garde à vue, vous dites n'avoir rien à déclarer concernant le tag qui a été retrouvé sur la façade du restaurant incendié."

Alix : "Je garde ma déclaration."

La juge rappelle Lou à la barre : "Vous avez reconnu ces faits lors de votre audition en garde à vue."

Lou : "Je n'étais pas dans mon état normal en garde à vue, j'étais très fatiguée."

La juge reprécise : "Sur les vidéos de surveillance la plaque d'immatriculation du véhicule qui ressemble à celui de Mme. Lou n'a pas pu être lu".

La juge lit un extrait de l'audition de garde à vue de Sacha : "Alix m'a parlé des deux fois au fer à cheval, qu'il a mis le feu sur une façade, et une autre fois sur l'autre façade. Il m'a ensuite dit qu'il a eu peur que le feu fasse des dégâts plus graves. Ensuite je n'ai pas été au courant."

Alix : "Je n'ai pas de souvenir de cette conversation."

La juge : "Vous n'êtes jamais allé voir le résultat de vos actes ?"

Alix : "J'ai vu les articles, c'est ça qui m'intéressait."

La juge : "Des articles où il y avait des photos, non ?"

Alix : "Oui, mais les photos ne reflètent pas forcément la réalité."

La juge : "Ce sont des quartiers que vous fréquentez régulièrement et vous n'êtes jamais retourné sur les lieux des faits ?"

Alix : "Non."

La juge lit un extrait de l'audition de garde à vue d'Alix : "j'ai tagué et péter ma première vitrine en novembre 2018."

Avocat plaignant-e-s : "Pensez-vous demain être en capacité de recommencer ?"

Alix : "Non."

La juge appelle à la barre un des grand-e-s témoins invité-e-s par les avocat-e-s de la défense.

La juge : "Thomas Lepeltier, pouvez-vous nous dire si vous avez des liens de parenté avec ces personnes ?"

Thomas : "Aucun à ma connaissance."

La juge : "Pouvez-vous levez la main droite et jurer que vous direz la vérité, que la vérité et rien que la vérité."

Thomas : "Je le jure."

Juge : "Connaissez-vous les prévenu-e-s ?"

Thomas : "Non, pas à ma connaissance."

Avocate de la défense : "Pouvez-vous nous expliquer ce qu'est l'Antispécisme ?"

Thomas : "Si vous me donnez 5-6 minutes je peux tout à faire présenter ce que c'est."

La juge : "Oui, si vous les tenez, nous vous les accordons."

Thomas : 
- L'antispécisme s'oppose au Spécisme
- Le droit condamne déjà le fait de faire du mal aux autres animaux.
- Mais la société qui est profondément spéciste n'applique que rarement cette règle, sinon les abattoirs seraient fermés.
...Texte de 5-6 minutes.

La juge : "Pensez-vous que cette philosophie entraîne forcément la désobéissance civile ?"

Thomas : "Non, pas forcément."

Avocat de la défense : "En tant qu'antispéciste est-ce que l'intégrité humaine et animale est égale ?"

Thomas : "Nous sommes dans une situation où on tue des animaux sans qu'ils ne menacent notre intégrité."

Avocat de la défense : "Dans les faits reprochés, il n'y a pas d'atteinte à l'intégrité physique de personnes. Uniquement du matériel. Qu'en pensez-vous ?"

Thomas : "Les faits sont faibles par rapport à ce que subissent les animaux dans les abattoirs."

La juge appelle la deuxième grande témoin : Virginia Markus.

La juge lui pose les mêmes questions de départ : Vérité + Liens quelconques avec les prévenu-e-s etc...

La juge : "Avez-vous déjà participé à des actions illicites ?"

Virginia : "Oui, à de la désobéissance civile : Blocages d'abattoir, libération d'animaux."

La juge : "Avez-vous été confronté à la justice ?"

Virginia : "Les procès sont en cours."

Virginia : 

"À la manière du féminisme et de la fin de l'esclavage, l'antispécisme est à considérer comme une lutte socio-politique qui aspire à faire reconnaître la qualité d'individu, et donc les droits qui en découlent, des autres animaux. Des autres animaux car oui, nous sommes d'un point de vue biologique, aussi des animaux. Avec des spécificités propres à l'Humain, certes, mais pas plus que les dauphins ou les corneilles ne disposent des leurs. Ainsi, leur capacité à ressentir des émotions et à avoir conscience de leur souffrance étant désormais incontestablement reconnue par la communauté scientifique, des activistes, mais aussi des philosophes, des médecins, des éthologues et des auteur-e-s s'unissent pour faire évoluer nos sociétés vers une plus grande considération morale de nos semblables.

L'antispécisme ne date pas de 2017. La reconnaissance des autres animaux dans leur individualité et le fait de refuser de les tuer pour les consommer datent déjà de la philosophie grecque avec Platon, Pythagore et Plutarque notamment. L'égalitarisme animaliste date aussi des philosophies orientales telles que le bouddhisme ou l'hindouïsme, soit bien avant Jésus-Christ. De tout temps, des humain-e-s ont tenté de cesser le massacre de leurs semblables. Mais la philosophie ayant ses limites, des citoyen-ne-s responsables ont décidé partout dans le monde, mais à commencer par l'Angleterre dans les années 70, de passer à l'action pour libérer concrètement des animaux de laboratoire et d'élevage. Parce que comme le disait Victor Hugo, lui aussi particulièrement sensible à la question animale, "Il vient une heure où protester ne suffit plus. Après la philosophie, il faut l'action." Alors, nous pouvons nous demander comment nous aurions jugé ces activistes de l'ALF en Angleterre, de la même manière que nous pouvons nous demander comment nous aurions jugé les personnes qui, au temps de l'esclavage, ont aidé des esclaves à s'évader. Quand bien même l'esclavage était légal et admis par la majorité citoyenne. Comment aurions-nous jugé les féministes Suffragettes lorsque, pour faire valoir leur droit au vote, ont dû mettre la pression aux hommes politiques et à la population qui refusait d'entendre parler d'égalité ? Et bien elles, tout comme les activistes antispécistes que vous jugerez aujourd'hui, ont dû caillasser des vitrines et incendier des lieux symboliques du patriarcat pour se faire entendre. Elles aussi, ont subi la prison, les maltraitances et la grève de la faim. Alors qu'aujourd'hui, qui oserait publiquement remettre en question leur militantisme pourtant largement condamné de leur vivant ? Rappelons-nous que si les femmes occidentales ont de nos jours accès au suffrage et à des postes de travail tels que les vôtres, Mesdames les juges, c'est précisément parce que ces femmes de courage ont osé prendre les risques nécessaires pour imposer un droit aujourd'hui considéré comme une évidence.

Alors, les activistes antispécistes, qui ne sont pas, à l'inverse des fausses croyances des "extrémistes terroristes et criminel-le-s" mais des citoyen-ne-s cohérent-e-s qui ont compris la logique dans le fait d'aimer et de respecter les animaux comme des individus reconnus comme tels par la science, et donc de refuser leur mise à mort, ont saboté des lieux symboliques de la Boucherie. Ils et elles ont saboté des abattoirs et des laboratoires. Ils et elles ont écrit des livres, organisé des marches et des manifestations de rue, tenu des stands d'information, donné des conférences, réalisé des documentaires, écrit des chansons, filmé des abattoirs et des élevages afin de percer l'opacité institutionnalisée de ces lieux sordides, fait signer des pétitions, bloqué des abattoirs, libéré des animaux d'élevage, interpellé les lobbies et le monde politique, caillassé des vitrines de boucheries, poissonneries, magasins de fourrures et autres restaurants, débattu sur des plateaux télévisés et des radios, incendié des abattoirs,... Bref. Nous aurons compris le message. Ils et elles tentent tout leur possible, de manière purement désintéressée et altruiste, parfois au péril de leur vie, pour porter la voix des 3 millions d'animaux tués chaque jour dans les abattoirs de France.

Les activistes qui pratiquent la désobéissance civile ou le sabotage ne sont pas à considérer comme des délinquant-e-s criminel-le-s à punir. Ils et elles sont des citoyen-ne-s qui ont compris leur responsabilité sociétale et qui oeuvrent en prenant des risques majeurs, en complémentarité aux autres formes de militantisme qui auront pour leur part le but de sensibiliser des personnes déjà ouvertes sur le sujet. Mais que faire de celles qui refusent de cesser le massacre, pour des raisons économiques, sinon égocentriques ? Que feriez-vous si vous saviez que votre voisin maltraitait des chiens, des chats ou des humains, et qu'aucune pratique légale ne parvenait à l'en empêcher ? Sous prétexte de la loi, autoriseriez-vous la pérennité d'une telle injustice ? La loi, et l'Histoire l'aura prouvé, est amenée à évoluer au gré des avancées éthiques et scientifiques de nos sociétés. Il en sera de même avec la reconnaissance politique et législative des autres animaux. Mais pour ne pas attendre les bras croisés que ce changement advienne comme par magie, des activistes comme celles et ceux qui se trouvent sur le banc des accusé-e-s, ont pris l'initiative de forcer un changement positif pour eux, les animaux, mais plus globalement pour le monde. Parce que nous n'avons plus le temps d'essayer de convaincre la majorité et la sphère politique, de changer de cap. Pourquoi ? Parce que d'une part, les animaux terrestres sont 60 milliards à être produits, exploités et tués dans le monde chaque année. Et que d'autre part, l'effondrement environnemental étant pour demain selon les consensus scientifiques et que l'élevage représente la cause principale du réchauffement climatique avec un taux de 14.5% des émissions de gaz à effet de serre, soit devant les transports, c'est la vie sur Terre qui n'a plus le temps de négocier. En fait, l'Humanité, si on peut encore l'appeler ainsi, doit rapidement et radicalement apprendre à cohabiter avec les espèces animales avec lesquelles elle partage la Terre, si elle veut pouvoir survivre. Sans quoi elle périra en raison de sa prétention à vouloir asservir tout ce qui vit.

Alors, je vous le demande, Mesdames les juges : avant de vouloir condamner ces activistes pour "délits aggravés", demandez-vous comment vous vous positionnerez dans 5, 10 ou 15 ans, quand l'antispécisme sera reconnu au même titre que le féminisme et l'antiracisme par la population, et que vous vous repenserez à la manière dont vous avez jugé ces individus qui au final, sont des précurseurs dans la mise en oeuvre d'une idée de justice. Demandez-vous de quel côté de l'Histoire vous aimeriez vous situer : du côté de celles et ceux qui sauvent, ou du côté de celles et ceux qui commercialisent le meurtre inutile de milliards d'individus ?"

La juge : "Je vous interromps, car il n'en vient pas aux témoins d'interpeller le tribunal."

La juge : "Vous mettez au même niveau les actions non-violentes et violentes, ce qui laisse penser que l'antispécisme peut naturellement mener à ce genre d'actions."

Virginia : "Je pense que la notion de violence doit être questionnée, car les dégâts matériels n'ont rien à voir avec ce que vivent les animaux dans les abattoirs."

La juge rappelle Alix à la barre : "Vous êtes prêt à aller jusqu'où pour défendre vos idées ?"

Alix : "Je me pose encore des questions mais je pense ouvrir un sanctuaire et acheter des animaux destinés à l'abattoir."

La juge : "Est-ce que la prison est un frein ?"

Alix : "Oui."

La juge : "Pouvez-vous nous parler de votre séjour en prison ?"

Alix : "C'était très difficile, l'accès à la nourriture était compliqué, la cohabitation avec mon codétenu qui n'aspirait pas aux mêmes choses que moi était aussi compliqué."

La juge rappelle Lou à la barre et lit un extrait de son audition de garde à vue : "le but était de faire peur"

La juge : "Jusqu'où êtes-vous prêtes à aller Madame ?"

Lou : "Je ne mettrai plus le feu, et je ne participerai plus à ce type d'actions."

La juge : "Vos actions ont mené votre mère en GAV, est-ce que ça, ça ne vous a pas freiné ?"

Lou : "Je n'ai jamais pensé que cela pouvait mener ma mère en GAV."

La juge rappelle Sacha à la barre et lit un extrait de son audition : "Je ne suis pas de l'ALF, je ne suis pas dans la haine, je suis dans les blocages d'abattoirs."

la juge : "Jusqu'où êtes-vous prête à aller ?"

Sacha : "Sauver les animaux errants, et faire des actions de sensibilisation à l'aide d'écran."

La juge : "Vous mettez en danger votre santé en refusant de prendre des médicaments parce-qu'ils sont testés sur les animaux. Vous considérez que les vies humaines ont peu de valeur ?"

Sacha : "Ma vie a peu de valeur pour moi, mais seulement la mienne. J'ai fait du bénévolat pour les humains, pour les animaux, pour la nature, et je continuerai à faire ces 3 bénévolats."

La juge : "Nous avons du mal à comprendre la logique là-dedans."

Sacha : "Je ne sais pas comment l'expliquer, j'ai toujours été comme ça, je préfère me consacrer aux autres."

La juge rappelle Eden à la barre.

La juge : "Jusqu'où êtes-vous prête à aller ? Vous n'avez pas respecté le contrôle judiciaire, vous avez demandé à aller en détention au précédent procès..."

Eden : "Dans mes modes d'actions, je n'ai pas l'intention d'aller jusque là, mais je reste solidaire des actions antispécistes qui ne portent pas atteinte à l'intégrité de personnes."

La juge : "Avez-vous des projets ?"

Eden : "Oui, j'ai des projets (écrire, s'occuper d'animaux, je suis bénévole dans des collectifs), et je vais peut-être recruter des donat-eurs/rices pour une ONG."

Voici le moment où les parties civiles (plaignant-e-s qui demandent une compensation) s'expriment :

Canard Street (Restaurant) :
- Préjudice financier
- Préjudice moral : À la suite des actions, les employé-e-s ont demandé si il fallait se protéger de quelque-chose.
Dommages et intérêts : Remboursement des frais de remplacement des vitrines (1974€)

M. Rigaud (Président de la Fédération des Bouchers-charcutiers du Nord) :
2017 : 10 attaques (tags)
2018 : 20 attaques (bris de vitrines + tags)
2019 : 13 attaques (incendie + tag)
Il y a une escalade de la violence à notre encontre.

Avocat de "LA BOUCHERIE" (Restaurant) :

"Aujourd'hui je suis ici pour défendre un animal à sang chaud qui marche sur ses pattes. Il a aussi sa place dans notre société. Il n'a pas a subir ce que pense certains.
(...)
Les antispécistes sont au même plan que les terroristes. Ils veulent de la visibilité. Ils s'attaquent aux plus faibles.
(...)
Tout à l'heure nous avons entendu les deux grand-e-s témoins nous exposer leur vision de l'antispécisme. Ici ce n'est pas un tribune, on est là pour juger des infractions. Des infractions qui sont ont commis des dommages.
(...)
Evidemment personne n'a envie de voir un animal souffrir, à part les tarés pervers.
(...)
Je pensais avoir affaire à des personnes qui défendent leur cause bien réfléchie et qui assument pleinement leurs actes. Au lieu de ça j'ai eu affaire à une défense de petits voyous avec des "Je parle seulement en mon nom", "Je ne répondrais pas à cette question".
(...)
Avant ces attaques, le restaurant La Boucherie c'est une entreprise de 10 salarié-e-s qui fonctionnait bien. Aujourd'hui cette entreprise n'existe quasiment plus.
(...)
A cause de leur action un immeuble est complètement détruit (500 000€ de dégâts) "mais c'est pas grave, on a donné une visibilité à nos actions".
(...)
Et puis, si c'est comme ça, allons-y, il faut aller au bout de ses convictions. On aime l'essence, on aime le feu, on crie haut et fort ses revendication et on s'immole sur la place publique.
(...)
Nous demandons une expertise sur le montant des dégâts et en attendant, une provision de 80 000 €.

L'avocate du propriétaire de l'immeuble qui loue le local à LA BOUCHERIE :
- Estimation à plus de 1 million d'euros de dégâts.
- Demande une provision de 500 000€.

Le restaurant le Fer à Cheval :
- Le chef d'entreprise avait investi 400 000€ dans des travaux 3 mois avant les faits et s'était lourdement endetté.
- Répercutions collatérales sur les salarié-e-s qui pensaient qu'ils/elles n'auraient plus de travail.
- Si comme ils/elles disent, ils/elles se soucient de ne pas faire de blessés, se sont ils/elles assuré-e-s qu'il n'y avait personne à l'intérieur avant d'y mettre le feu ?
- On est pas à deux doigts de la catastrophe humaine : Le bâtiment d'à côté à été évacué.
- Le gérant avait d'ailleurs déclaré qu'il pensait à mettre à la carte un burger végétal, mais qu'après il n'en avait plus envie.
Le restaurant n'a toujours pas été indemnisé.
Dommages et intérêts demandés : 15 000€ et 1500 € de frais d'avocat-e-s.

Avocat du Syndicat des bouchers-charcutiers (je crois) :

"La justice a accepté l'idée de consacrer du temps, alors que la plupart des jugement en comparution immédiate n'ont que quelques minutes, voire quelques heures".
(...)
"Nous étions venu avec beaucoup de questions, et nous avons obtenu très peu de réponses."
(...)
"Nous voulions notamment savoir si ces faits auraient ils une fin ?"
(...)
"Des gens si emprunt d'empathie envers la cause animale, et qui sont incapables d'avoir de l'empathie pour leurs semblables".
(...)
"Ils s'attaquent aux victimes non pas parce-qu'ils font, mais parce-qu'ils sont."
(...)
"Cela vaut 20 ans de prison. C'est le cas quand il s'agit de personnes visées en raison de leur orientation sexuelle, leur couleur de peau..."
(...)
Et là les personnes ont été visées de la même façon, sans jamais l'avoir mérité.
(...)
Où sont les limites ? Est-ce qu'il va falloir qu'il y ait des morts. Est-ce qu'il va falloit attendre qu'il y ait des actes violents de réponses de la part des personnes actuellement victimes de ces actes ?
(...)
Ca n'est pas admissible que des gens viennent nous dire comment juger. Nous dire que ce que nous défendons n'a pas la même valeur que ce qu'ils défendent. Or nous, ce que nous défendons est inscrit dans la loi.
(...)
Chacun se lève chaque jour en pensant qu'un jour il pourra être une victime.
(...)
Défendre ses idéaux doit se faire dans le respect de chacun, sans que ça porte atteinte aux autres.
(...)
- Demande de condamnation solidaire.
- Dommages et intérêts : 10 000€ (préjudice moral) et 3000 € (frais d'avocat-e-s)

Le procureur annonce ses réquisition : 

"Ce n'est pas le procès du Spécisme, de l'Antispécisme, des Vegan (prononcé "V-gan") ou des pas Vegan (prononcé "Pas V-gan"). Ce qui est jugé ici, ce sont des délits de dégradations volontaires en réunion, par incendie.... Ce qu'il y a ici, il n'y a que des délits de droit commun.
(...)
En droit on nous apprend que le mobile est indifférent à l'infraction.
Il explique les faits, c'est tout.
(...)
Chacun pense que son mobile est défendable.
(...)
Est-ce qu'un toxicomane qui serait au bout du bout et qui va attaquer et arracher le sac à main d'une personne pour acheter sa drogue, on peut légitimer son acte ?
(...)
Je tiens d'ailleurs à préciser que l'association de défense des animaux "L214" qui fait un travail remarquable et a permis à plusieurs reprises d'épingler des actes de cruauté envers les animaux, s'est toujours désolidarisée des actions de ce genre. Et a même déclaré qu'elle attaquerait en diffamation toute personne qui dirait le contraire.
(...)
Je tiens aussi à rappeler que l'humain a aussi des sentiments, comme les animaux.
(...)
La préméditation est également présente : achat d'essence, achat de peinture, achat des masques, téléphones éteints...
(...)
Et les réponses de petits voyous : "Je parle pour moi, je ne suis pas une balance", "Je ne me souviens plus de ci ou de ça" alors que pour d'autres choses on se souvient de tout.
(...)
La 206 qui fait des aller-retour, donc Lou était là.
(...)
Les deux téléphones ont été coupés au même moment cette nuit là.
(...)
Et pour l'affaire où Eden est mise en cause, le témoin a vu 3 personnes et pas 2.
(...)
Pour Alix, je requière la peine de 18 mois prison dont 8 mois de sursis.
Et je demande l'interdiction de contact avec les personnes cités dans ces affaires, sauf avec Mme. Lou, car je ne suis pas un briseur de couple.
Et interdiction d'aller dans les rues où ont été commis les faits.
(...)
Pour Lou, je requière 15 mois de prison dont 9 mois de sursis.
Interdiction de contact avec les personnes cités sauf avec Alix.
Et interdiction d'aller les rues où ont été commis les faits.
(...)
Pour Sacha, je requière 6 mois de prison avec sursis qui pourra être transformé en Travaux d'Intérêts Général.
(...)
Pour Eden, je requière 6 mois de prison avec sursis qui pourra également être transformé en Travaux d'Intérêts Général.

Les avocat-e-s de la défense :

Avocate de Sacha : "Je ne parlerai pas d'Antispécisme. Je vais faire du Droit, tout simplement. L'antispécisme m'était plus ou moins inconnu avant de rencontrer Sacha."
(...)
En droit pénal il y a la nécessité de caractériser les infractions, or ici on a un dossier peu précis, et pourtant les prévenu-e-s risquent 10 ans de prison. Pourquoi un-e juge d'instruction n'a pas été saisie ? On a une enquête bâclée. Tous on été entendu 1 fois, 2 au maximum. Les questions lors des auditions ont été mal posées, les réponses mal retranscrites.
(...)
6 faits sont reprochés à Sacha :

- Complice de 4 faits de dégradations en une nuit (fourniture d'itinéraire, d'une adresse station essence etc...)

- Complice des dégradations de la boucherie "Veys" (tag + vitre cassée) : Fourniture de l'itinéraire.

- Boucherie (27 décembre) tag : Fourniture de l'itinéraire

- Burger King : fourniture itinéraire, adresse station essence et deux contenants (un pot à tabac, et une grande bouteille de 2L)
(...)
Sacha a 39 ans, et n'a jamais participé à une action violente.

Est-ce qu'elle a été l'instigatrice ?

Non. L'itinéraire aurait pu être obtenu de n'importe-qu'elle façon. Les contenants, pareil.
(...)
Maintenant je vais vous présentez ses traits de personnalité : Attachante. Remplie de bienveillance. La cause animale c'est l'oeuvre de sa vie. Nourrissage de chat. Elle va chez les vétérinaires, les fait stériliser. Tout son argent y passe. Elle fait du nettoyage plage. Elle fait du bénévolat. Elle fait des cubes de la vérité. Elle informe. Elle fait de temps en temps un sit-in. Elle est pacifiste, non-violente, tolérante. Et ses convictions elles les gardera après aussi.
Elle travaille. Elle a toujours travaillé. C'est quelqu'une qui a des amis vegan, et pas vegan. Quelqu'une qui n'impose pas ses idées.

Demande de l'avocate de Sacha : Relaxe pour tous les faits sauf pour le burger king, car il n'y a pas assez d'éléments.

Avocate d'Eden :

Demande : Relaxe

L'avocat d'un-e plaignant-e a dit "On veut que ça s'arrête". Mais vous ne pouvez pas contrôler le futur. Et ce n'est pas en condamnant durement ces personnes que vous pourrez être sûr-e-s que cela s'arrêtera.

Concernant l'implication d'Eden, aucun moment son téléphone ne borne près de la boucherie. A aucun moment elle éteint son portable.

Lors de l'audition d'Alix, l'OPJ lui a demandé "S'agit-il d'Eden ?", ce à quoi Alix a répondu, "Oui, je suppose qu'on parle de la même personne."

Alix et Eden ne se connaissait que vaguement à ce moment. Il n'a pas été fait de confrontation, ni de présentation de photos. Donc on n'a pas de certitudes qu'Alix parlait bien d'Eden.
(...)
Les personnes étaient cagoulées, donc se pose aussi la question : Est-ce que Alix et l'autre personne se sont vu-e-s?
(...)
Et vous avez reconnu vous-même qu'il n'y avait pas assez d'éléments pour la poursuivre et la condamner pour les autres faits, malgré qu'Alix ait mentionné son prénom pendant son audition de garde à vue. Sur cet incident du 31 décembre, c'est pareil.
(...)
Pas d'ADN sur les lieux.
(...)
Et si jamais elle était bien là. On lui a reproché uniquement le tag. Donc une condamnation pour complicité du cassage de vitre ne serait pas juste.
(...)
Ses traits de personnalité : Appréciée de son ancien emploi. Projets artistiques réfléchis.


L'un des avocat-e-s de Lou et Alix :

Il vous a été dit "On ne fait le procès du Spécisme ou de l'Antispécisme" mais pourtant nous sommes bien dans ce cadre là. Sinon, il n'y aurait pas des journalistes... Sinon, Il n'y aurait pas le président des bouchers-charcutiers du nord.

Ce sont pas des petit-e-s voyous. Les petit-e-s voyous ont tendance à en dire le moins possible. Or, Lou et Alix ont reconnus leurs faits et les ont expliqués.

Après ces événements ils/elles ont envie d'être dans la construction et non plus dans la destruction.

On peut voir ces événements comme un rite initiatique qui leur a permis de passer à d'autres modes d'actions, légaux, sans changer d'idée.

Bien sûr qu'il y a des personnes derrière les commerces et les biens matériaux.

Mais on ne peut pas faire comme si on s'en prenait directement à des personnes lorsque du matériel est cassé.

Les 500 000 € de provision ne sont pas recevables, car il n'y a pas eu d'expertise sérieuse et ce ne sont que des estimations. Les documents ne vous donnent pas les éléments qui sont non-sérieusement contestable.

Pour les 80 000 € de provision : aucun élément certain encore une fois.

Pour la demande du Syndicat des bouchers : Il n'a pas été prouvé l’existence d'un préjudice. Il y a des restaurants, un magasin de vêtement, et 3-4 boucheries. On ne sait pas si les boucheries touchées sont membres de ce syndicat.

Comme disait Lou, le passage a l'acte n'est pas facile. Il est parfois dans leur pensée, un moyen obligatoire pour faire parler d'un mouvement. Et ce n'est pas de leur faute, ni de la faute du parquet, mais ça a marché. On en a parlé.
Alix et Lou ont encore un casier vierge malgré plusieurs années de militantisme.

Ils/elles ont reconnu les faits, expliqué les faits, se sont excusé et ont dit regretter les faits.

La rédemption n'est pas l'abandon des convictions, mais le passage à des actions de constructions.

Le mandat de dépôt (prison) serait contre-productif. Il n'aurait aucun sens.

Pour des personnes qui ont un casier vierge, est-ce qu'il est nécessaire de prononcé une peine ferme ?

Ils/elles sont inséré-e-s, ils/elles travaillent, ils/elles continueront à travailler.

L'une des avocat-e-s de Lou et Alix :

Je ne laisserais personne dire que "garder le silence" est une défense de voyou. A une époque on torturait pour obtenir des aveux. Et "garder le silence" est un droit inscrit dans le code pénal.

Ici nous avons des aveux non-circonstanciés, non-corroborés avec des preuves.

Pour la Boucherie Veys, la caméra de surveillance indique qu'à 3h01, une voiture de type "Golf" est présente, 2 personnes en sortent, commettent les dégradations et reviennent à 3h10 environ.

Pour le Burger King, la caméra de surveillance indique qu'à 2h49 les personnes commettent les dégradations et reviennent à 3h05.

Les faits ont été reconnus pour le Burger King, mais ont été niés pour la Boucherie Veys. D'après les caméras et les heures indiquées, Alix et Lou auraient été à deux endroits différents au même moment, or c'est impossible.

Pour l'enquête, il n'y a pas eu de saisi d'un-e juge d'instruction.

Lou a reconnu des faits alors qu'il n'y avait aucun élément contre elle.

Le premier incident au Fer a cheval, elle dit qu'elle n'y était pas. Elle n'a aucun intérêt à mentir sur celui-ci et pas sur les autres.

Il n'y a aucun intérêt à les enfermer.

Ils/elles seront plus utiles à témoigner de ce qu'ils/elles ont vécues au sein de leur milieu militant, plutôt qu'enfermé-e-s entre quatre murs.

La juge demande aux accusé-e-s si ilèles ont d'autres choses à ajouter.

Alix : "Je regrette, j'ai compris la leçon et ça ne se reproduira plus."

Lou : "Je voudrais m'excuser, et j'ai pris conscience que ce n'était pas une bonne manière de lutter."

Sacha : "Je regrette d'avoir participé à une tentative d'incendie. Mais je ne peux pas m'empêcher de penser à tous ces animaux qui sont dans les abattoirs."

La juge : Le procureur a émis une proposition de Travail d'Intérêt Général. Nous avons besoin de votre accord si la cour opte pour cette condamnation. Est-ce que vous êtes d'accord ? C'est du travail gratuit au profit de la collectivité.

Sacha : "Oui, je suis d'accord, merci".

Eden : "Je n'ai rien à ajouter."

La juge : "Proposition de TIG également. Est-ce que vous êtes d'accord ?"

Eden : "Ça dépend ce qu'on me propose."

La juge : "C'est du travail gratuit pour la collectivité."

Eden : "Je préfère ne pas répondre."

La juge annonce que le délibéré est de 3 semaine, et sera donc rendu le Lundi 8 avril à 14h devant la 5ème chambre (Tribunal de Lille).


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